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Terrarium à phasme : critères d’achat et modèles adaptés

Un terrarium à phasme se choisit d’abord pour sa hauteur libre, car l’insecte se suspend tête en bas pour muer sans toucher le décor. L’aération, la brumisation régulière et le volume selon le nombre d’individus complètent les critères essentiels avant l’achat.

Terrarium à phasme : critères d’achat et modèles adaptés

L’anatomie du phasme dicte la forme du terrarium

Le phasme appartient à l’ordre des phasmatodea, des insectes bâtons ou feuilles qui grandissent par mues successives, en abandonnant leur exosquelette devenu trop étroit. Cette exuvie se détache alors que l’insecte se tient suspendu, la tête vers le bas, accroché au plafond ou à une branche haute du terrarium à phasme. Un espace vertical suffisant, entre le point d’accroche et le substrat, laisse le corps et les pattes se dégager sans toucher le fond ni le décor placé plus bas. Un terrarium pensé en largeur, comme un modèle de 36 x 21 x 16 cm posé à l’horizontale, n’offre pas ce dégagement : le même volume, tourné à la verticale ou choisi dans un format haut comme le 20 x 20 x 30 cm, change la donne pour l’insecte. Le thigmotactisme, ce besoin de contact permanent avec une surface, explique aussi pourquoi les phasmes s’immobilisent contre les branches plutôt qu’au centre du terrarium, dès qu’ils ne se nourrissent pas.

Espèces couramment maintenues et incidence sur le terrarium

Le phasme bâton (Carausius morosus), le phasme géant australien (Extatosoma tiaratum), le phasme rose (Sipyloidea sipylus) ou le phasme du Pérou (Peruphasma schultei) comptent parmi les espèces les plus répandues en terrariophilie amateur. Leur silhouette varie fortement, entre un corps filiforme et un corps plus large orné d’expansions imitant l’écorce ou la feuille, ce qui modifie l’espace nécessaire pour se déployer sans contrainte lors de la mue. Une espèce au corps large et aux pattes robustes occupe davantage de volume au moment de se suspendre qu’une espèce filiforme, même à taille comparable. Le choix du terrarium tient donc compte autant de la morphologie de l’espèce hébergée que du nombre d’individus prévus, sans qu’aucune règle unique ne s’applique à l’ensemble de l’ordre des phasmatodea.

Matière, ouverture et stabilité : les critères avant l’achat

La cuve se décline en acrylique transparent à 360°, comme les modèles cylindriques de la marque Biigdan, ou en verre monté sur armature métallique, comme le terrarium Exo Terra à façade avant. L’acrylique reste léger et résiste aux chocs de manipulation, tandis que le verre garde mieux sa rigidité sur un modèle vertical haut. L’ouverture doit permettre de retirer le substrat, les œufs et l’exuvie sans démonter tout le décor : une façade coulissante ou un couvercle entièrement amovible évite ce désagrément. Un terrarium haut et étroit, plus instable qu’un modèle bas et large, se pose sur une base plane et un meuble support suffisamment profond pour ne pas basculer lors de l’ouverture du couvercle ou du retrait d’un accessoire.

Adapter le volume au nombre d’individus et aux générations

Un phasme se reproduit souvent par parthénogenèse chez certaines espèces couramment maintenues, ce qui signifie que les femelles pondent sans accouplement et que la population augmente vite dans un même terrarium. Les œufs, souvent confondus avec des graines par leur forme, s’accumulent au fond au fil des semaines. Un terrarium cylindrique compact convient à un début d’élevage avec peu d’individus juvéniles, tant que la hauteur reste suffisante pour chaque mue. Une fois la colonie élargie sur plusieurs générations, un terrarium vertical de plus grand volume, comme le format 20 x 20 x 30 cm, limite la densité et les contacts accidentels entre un individu en pleine mue et ses congénères déjà actifs. Une population trop nombreuse dans un volume restreint multiplie les mues manquées, faute d’espace pour chaque suspension.

Ventilation : couvercle grillagé et grillage rapporté

Le terrarium grillagé limite la stagnation d’air chargé d’humidité, propice aux moisissures sur le substrat et les feuilles fraîches. La plupart des cuves vitrées intègrent déjà un couvercle perforé ou grillagé, mais un ancien terrarium reconverti en profite rarement. Un grillage à mailles fines en acier inoxydable 304, comme le rouleau de 30 x 250 cm de la marque Hbazzor, ou la version 304A en 60 x 200 cm de LYLIDIA, se découpe et se fixe sur une face pleine sans agrandir les ouvertures existantes. La maille de 1 mm retient les plus jeunes phasmes dès l’éclosion, alors qu’une maille plus large les laisserait filer. Ce grillage se pose toujours sur une paroi latérale, jamais sur la face qui porte l’hygromètre, pour ne pas fausser la lecture de l’humidité.

Condensation et visibilité : un détail technique à vérifier

Une brumisation fréquente dépose de la buée sur les parois, surtout sur l’acrylique, plus sensible aux micro rayures qui retiennent les gouttelettes que le verre traité. Cette condensation limite temporairement l’observation, sans nuire au fonctionnement du terrarium tant que l’air circule grâce au grillage ou au couvercle perforé. Un nettoyage régulier des parois, à l’eau claire et sans produit abrasif, conserve la transparence sur la durée, notamment sur un modèle cylindrique à 360° où la moindre buée réduit fortement l’angle de vue. Sur un terrarium vertical plus haut que large, la buée se concentre souvent en partie basse, là où l’air stagne le plus près du substrat humide.

Hygrométrie : brumisation manuelle ou automatique

Notre table de référence par espèce, construite pour les reptiles et les amphibiens, ne couvre pas le phasme : aucune valeur chiffrée d’hygrométrie ne s’applique donc ici. Dans la pratique d’élevage, le substrat et le feuillage se maintiennent humides par une brumisation répétée plusieurs fois par jour, à la main avec un vaporisateur ou de façon automatisée avec un brumisateur programmable. Le modèle Normodic pilote la brumisation par minuterie sans intervention quotidienne, tandis que le système Glovios diffuse un brouillard réglable à 360° avec une minuterie ajustable selon la saison. Un hygromètre posé loin des buses vérifie que le taux redescend entre deux cycles, plutôt qu’un substrat qui resterait détrempé en permanence. Un excès de brumisation favorise les moisissures autant qu’un air trop sec assèche les feuilles servant de support. Pour comparer une gestion voisine de l’humidité chez un autre invertébré, la fiche terrarium escargot détaille une approche similaire du taux d’humidité.

Décor : branches, plantes artificielles et substrat de ponte

Le décor sert d’abord de support de mue avant de servir d’ornement. Des branches naturelles, comme les racines de bois flotté vendues en lot de 4 par la marque LTHERMELK, mesurent entre 8 et 15 cm et offrent des diamètres variés pour l’accroche des pattes. Elles se répartissent du fond jusqu’au couvercle plutôt que couchées au sol, pour multiplier les points de suspension. Les plantes artificielles évitent les contraintes d’un végétal vivant et les moisissures liées à son arrosage, tout en gardant un feuillage dense où l’insecte se camoufle. Au fond, une couche de substrat à base de fibre de coco ou de terreau sans additif retient l’humidité et laisse repérer les œufs, dont la coque rappelle une graine, une fois l’œil habitué à leur taille réduite. Certaines branches accueillent aussi du feuillage frais, comme la ronce, le chêne ou le noisetier, disposé dans un petit récipient d’eau fermé pour rester turgescent plus longtemps sans se renverser dans le terrarium.

Emplacement dans la pièce et entretien courant

Aucun chauffage n’est nécessaire pour la plupart des phasmes couramment maintenus, mais l’emplacement du terrarium influence quand même la stabilité de l’ambiance. Une exposition directe au soleil ou la proximité d’un radiateur fait grimper la température intérieure et assèche le substrat entre deux brumisations. Un meuble stable, à l’abri des courants d’air, à hauteur de vue, facilite l’observation sans déranger l’insecte pendant la journée. L’entretien courant consiste à retirer les crottes et les feuilles flétries chaque jour, à changer le substrat entièrement une fois les œufs récoltés, et à nettoyer les parois à l’eau claire, sans produit parfumé. Un traitement désinfectant, s’il devient nécessaire, s’utilise toujours selon l’étiquette du fabricant, jamais à une dose estimée à l’œil.

Prévoir un terrarium de nettoyage ou de transition

Un changement complet de substrat oblige parfois à déplacer les phasmes ailleurs quelques minutes, le temps de vider et de rincer la cuve principale. Un petit contenant ventilé, ou un second terrarium compact déjà disponible, sert de solution temporaire sans manipuler les insectes à la main plus que nécessaire. Cette rotation évite aussi de nettoyer un terrarium encore occupé par des œufs en cours d’incubation, qui restent sur place le temps du grand nettoyage. Garder un terrarium à phasme de secours, même de petite taille, simplifie cette étape sans improviser une boîte non adaptée au moment venu.

Quel terrarium selon votre situation d’élevage

Pour un premier terrarium avec quelques juvéniles, un modèle cylindrique compact en acrylique offre la hauteur nécessaire sans occuper beaucoup de place sur une étagère. Pour un décor complet avec plusieurs plantes artificielles et des branches variées, un terrarium vitré de 36 x 21 x 16 cm, positionné à la verticale, laisse une bonne surface d’observation à travers les parois. Quand la colonie s’agrandit sur plusieurs générations, un terrarium vertical de plus grand volume, en 20 x 20 x 30 cm, absorbe la densité sans multiplier les cuves. Enfin, transformer un terrarium déjà possédé avec un grillage rapporté en 304 ou en 304A reste la solution la plus économique, à condition de vérifier que la maille de 1 mm retient bien les plus jeunes individus dès l’éclosion.

Cadre réglementaire applicable à la détention de phasmes

La plupart des espèces de phasmes couramment maintenues en terrariophilie ne relèvent pas du certificat de capacité prévu par l’arrêté du 8 octobre 2018, qui vise en premier lieu les mammifères, les oiseaux, les reptiles et les amphibiens. Certaines espèces ou certains genres d’insectes restent toutefois soumis à des règles sanitaires ou à la CITES selon leur origine géographique, en particulier pour des spécimens importés récemment. Avant l’acquisition d’une espèce peu répandue, un contact avec la DDPP ou la DDETSPP du département permet de vérifier le statut exact applicable à cette espèce précise. Un phasme, quelle que soit son origine, ne se relâche jamais dans la nature, même une espèce présentée comme locale, en raison des risques pour les populations et les milieux environnants.

ModèleFormat ou mailleMatièreEmploi conseillé
Biigdan cylindrique 360°Format tube compactAcryliquePremier élevage, juvéniles
Exo Terra vitré36 x 21 x 16 cmVerre et armatureDécor complet, observation
Biigdan vertical20 x 20 x 30 cmAcryliqueColonie élargie, adultes
Grillage Hbazzor30 x 250 cm, maille 1 mmAcier inoxydable 304Ventilation ajoutée
Grillage LYLIDIA60 x 200 cmAcier inoxydable 304AReconversion d’un terrarium

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Questions fréquentes

Pourquoi un terrarium à phasme doit-il être haut ?

La hauteur libre permet à l’insecte de se suspendre tête en bas pour muer sans toucher le fond ni le décor. Un format vertical ou un tube haut convient mieux qu’une cuve basse et large, quelle que soit sa surface au sol.

Quelle maille choisir pour ventiler un terrarium à phasme ?

Une maille fine, autour de 1 mm, en acier inoxydable retient les plus jeunes individus dès l’éclosion tout en laissant circuler l’air. Les rouleaux de 30 x 250 cm ou 60 x 200 cm se découpent à la taille de la face à couvrir.

Combien de fois faut-il brumiser un terrarium à phasme ?

Le rythme dépend du séchage observé entre deux passages : un brumisateur à minuterie répète l’opération à heures fixes sans intervention quotidienne. Un hygromètre placé à l’écart des buses confirme que le taux redescend correctement après chaque cycle.

Peut-on réutiliser un terrarium à reptile pour des phasmes ?

Oui, à condition d’ajouter un grillage à mailles fines sur une face pleine et de vérifier que la hauteur libre reste suffisante pour la suspension. Le point chaud et la zone froide prévus pour un reptile ne servent à rien pour un phasme.

L'équipe Terrariophile

Terrariophile est édité par SARL STRATINET. Les fiches et les guides sont rédigés à partir des notices des fabricants, des fiches Amazon.fr et des paramètres d'élevage de référence pour chaque espèce (température, hygrométrie, UVB, dimensions), puis relus et mis à jour à chaque changement de saison.