Hibernation de la tortue : préparer et surveiller
L’hibernation d’une tortue terrestre se prépare par un jeûne progressif de plusieurs semaines et un suivi régulier du poids. Le lieu choisi, boîte, cave ou enclos extérieur protégé, doit garder une température stable, proche de la zone froide indiquée pour l’espèce, et être surveillé régulièrement.
Quand et pourquoi préparer l’hibernation
L’hibernation est une phase de vie ralentie que traversent naturellement de nombreuses tortues terrestres originaires de climats tempérés, lorsque les températures extérieures baissent à l’automne. Chez une tortue en bonne santé, cette période permet à l’organisme de se mettre au repos, mais elle exige une préparation méthodique : jeûne progressif, contrôle du poids, choix d’un lieu où la température reste stable entre 4 et 6 °C, repère de notre table de référence pour cette espèce. La préparation commence plusieurs semaines avant la baisse effective des températures, en général quand les nuits raccourcissent et que l’animal réduit spontanément son activité. Une tortue qui ne s’alimente plus, qui cherche à s’enfouir ou dont l’activité chute nettement signale le début naturel de cette phase. C’est aussi le moment de vérifier l’état général de l’animal : un poids correct, l’absence de blessure apparente et une bonne vivacité avant l’arrêt de l’alimentation. En cas de doute sur l’aptitude de la tortue à hiberner, l’avis d’un vétérinaire compétent en nouveaux animaux de compagnie reste la seule référence fiable, cette fiche ne portant que sur le matériel et l’organisation de la période.
Le jeûne progressif et le contrôle du poids
Avant toute mise au froid, l’alimentation doit être arrêtée progressivement, sur plusieurs semaines, pour que le tube digestif soit vide au moment de la baisse de température. Un reste de nourriture non digérée pendant l’hibernation peut se décomposer et perturber l’organisme de la tortue. Pendant cette transition, l’animal continue de boire, ce qui aide à vider le tube digestif sans le solliciter davantage. Le contrôle du poids est l’outil le plus simple pour suivre cette préparation : une pesée régulière, sur une balance pour reptile adaptée à la taille de l’animal, permet de repérer une perte de poids anormale avant la mise au froid.
- Réduire les rations progressivement sur plusieurs semaines, jamais du jour au lendemain.
- Vérifier que la tortue continue de boire pendant tout le jeûne préparatoire.
- Peser l’animal juste avant l’arrêt complet de l’alimentation, puis noter la date et la valeur.
Une tortue dont le poids chute nettement pendant le jeûne préparatoire, ou qui refuse de boire, ne doit pas être mise en hibernation sans un avis vétérinaire préalable. Le contrôle du poids se poursuit ensuite pendant toute la durée de l’hibernation, à intervalles réguliers, pour détecter toute perte excessive qui justifierait un réveil anticipé.
Choisir le lieu d’hibernation selon la situation de la tortue
Le lieu d’hibernation dépend d’abord du mode de vie habituel de l’animal. Une tortue qui vit en terrarium ou en terrarium pour tortue terrestre toute l’année hiberne le plus souvent dans une boîte d’hibernation installée dans un local frais, stable en température et à l’abri de la lumière directe, comme une cave ou un garage non chauffé. Une tortue qui vit en enclos extérieur peut, selon la région et la rigueur de l’hiver, hiberner dans un abri enterré au sein de cet espace, protégé du gel et du ruissellement d’eau. Dans les deux cas, le repère de notre table de référence reste le même pour cette espèce : une température stable entre 4 et 6 °C, sans variation brusque.
Un lieu qui descend sous ce repère expose au gel, un lieu qui remonte au-dessus fait sortir l’animal de l’hibernation de façon incontrôlée. La stabilité prime sur la valeur exacte à l’intérieur de cette plage : un local qui oscille de plusieurs degrés en quelques heures convient moins bien qu’un local qui reste constant. Un abri mal isolé, exposé au vent ou à l’humidité stagnante, n’offre pas cette stabilité et ne convient pas à l’hibernation, même s’il reste adapté en saison active.
Le matériel pour surveiller la température et l’hygrométrie
La surveillance pendant l’hibernation repose sur un contrôle régulier de la température, jamais sur une simple estimation. Un thermomètre placé dans la boîte ou l’abri, à hauteur de la tortue et non contre une paroi extérieure, donne une lecture fiable du repère de 4 à 6 °C. Un modèle avec sonde déportée permet de lire la valeur sans ouvrir le contenant, ce qui limite les variations provoquées par l’ouverture elle-même.
L’hygrométrie, c’est à dire le taux d’humidité de l’air, se contrôle aussi dans une boîte fermée, avec un thermomètre hygromètre qui affiche les deux valeurs. Notre table de référence ne fixe pas de repère d’hygrométrie pour l’hibernation de la tortue terrestre : la vigilance porte alors sur l’aspect du substrat, qui doit rester légèrement humide sans être détrempé, et sur l’absence de condensation visible sur les parois du contenant. Une relève quotidienne de la température, notée avec la date, permet de repérer rapidement toute dérive et d’agir avant qu’elle ne devienne problématique pour l’animal.
Le substrat et l’installation de la boîte d’hibernation
Le substrat de la boîte d’hibernation joue un rôle d’isolant et de repère de confort pour l’animal, qui s’enfouit naturellement pendant cette période. Un substrat propre et sec au départ, disposé en couche suffisamment épaisse pour que la tortue puisse s’y enfoncer complètement, limite les échanges brusques de température autour de l’animal. Le substrat se vérifie à intervalles réguliers pendant toute l’hibernation : s’il devient humide, moisi ou dégage une odeur, il se change immédiatement, en manipulant la tortue le moins possible.
La boîte elle-même se perce de quelques ouvertures pour permettre une circulation d’air minimale, sans exposer l’animal à un courant d’air direct ni à la lumière. Elle se place ensuite dans le local choisi, surélevée du sol si celui-ci est source de froid ou d’humidité, et à l’écart de tout appareil de chauffage ou de toute source de vibration. Un contrôle visuel de la tortue, sans la sortir ni la manipuler inutilement, complète le contrôle du substrat et de la température à chaque passage.
Cadre réglementaire de l’hibernation et de la détention de la tortue
Le cadre réglementaire de la détention des tortues terrestres relève de l’arrêté du 8 octobre 2018, qui fixe les conditions de détention des animaux non domestiques et prévoit, selon l’espèce concernée, une déclaration, un certificat de capacité ou une autorisation préfectorale. Ce cadre ne concerne pas la seule période d’hibernation, mais l’ensemble de la détention de l’animal, y compris son enclos ou son terrarium en saison active.
Certaines espèces de tortues terrestres sont par ailleurs inscrites à la convention CITES, ce qui encadre leur détention, leur transport et tout échange entre particuliers. Pour connaître les obligations précises selon l’espèce détenue, la direction départementale de la protection des populations, la DDPP, ou la direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités et de la protection des populations, la DDETSPP, du département de résidence, reste l’interlocuteur compétent. Cette fiche ne remplace ni un conseil juridique ni une vérification auprès de ces services, et rappelle qu’une tortue détenue ne se relâche jamais dans la nature, y compris en fin d’hibernation.
La sortie d’hibernation et la reprise de l’alimentation
La sortie d’hibernation se fait progressivement, jamais en exposant brutalement la tortue à une température élevée. La remontée en température se fait par paliers, en ramenant l’animal vers un terrarium ou un enclos dont l’ambiance se situe dans le repère habituel de la tortue terrestre en saison active, entre 22 et 28 °C selon notre table de référence, avec un point chaud entre 30 et 35 °C pour lui permettre de se réchauffer activement.
Une pesée dès la sortie, puis à intervalles réguliers dans les jours suivants, permet de suivre la reprise de poids et de repérer une perte trop marquée pendant l’hibernation. La tortue boit généralement avant de s’alimenter : un accès à l’eau dès le réveil facilite cette reprise. L’alimentation ne se propose qu’une fois l’animal bien réveillé, actif et manifestement intéressé, jamais de façon systématique dès le premier jour. Une tortue qui ne reprend pas d’activité ni d’appétit dans les jours suivant le réveil, ou qui présente un poids nettement inférieur à celui d’avant l’hibernation, doit être présentée à un vétérinaire compétent en nouveaux animaux de compagnie.
Les erreurs à éviter pendant l’hibernation
La première erreur consiste à mettre une tortue au froid sans avoir vérifié son poids ni son état général au préalable, en se fiant uniquement à la baisse spontanée d’activité. La seconde erreur porte sur la température du lieu choisi, estimée à l’œil ou par la sensation de fraîcheur de la pièce, sans thermomètre indépendant : un local jugé frais peut en réalité descendre sous 4 °C pendant la nuit, ou remonter au-dessus de 6 °C en journée, hors du repère de notre table de référence.
La troisième erreur consiste à ne plus contrôler la tortue pendant toute la durée de l’hibernation, en considérant que cette phase de repos dispense de toute surveillance : un contrôle régulier du poids et de la température reste nécessaire du début à la fin. Enfin, reprendre l’alimentation trop tôt, avant que l’animal ne soit complètement réveillé et actif, expose à des troubles digestifs qui relèvent d’un avis vétérinaire, jamais d’un ajustement par le seul terrariophile.
| Situation | Lieu d’hibernation | Repère de température | Vigilance |
|---|---|---|---|
| Tortue vivant en terrarium ou enclos intérieur | Boîte d’hibernation en cave ou pièce fraîche et sombre | 4 à 6 °C, stable | Thermomètre relevé matin et soir |
| Tortue vivant en enclos extérieur toute l’année | Abri enterré et protégé du gel dans l’enclos | 4 à 6 °C, stable | Surveillance renforcée en cas de gel ou de pluie |
| Tortue jeune, affaiblie ou de poids insuffisant | Décision à prendre avec un vétérinaire NAC avant la mise au froid | non indiqué | Pesée avant toute décision d’hibernation |
| Sortie d’hibernation | Retour progressif vers le terrarium ou l’enclos habituel | ambiance 22 à 28 °C, point chaud 30 à 35 °C | Reprise de l’alimentation surveillée |
Les produits cités dans cette fiche
WIYETY balance numérique 15 kg, 1 g, plateau 36 x 26 cm
Beurer Polly balance pour petits animaux, de 100 g à 180 kg
TRIXIE thermomètre hygromètre analogique à coller, terrarium
Thlevel thermomètre hygromètre à sonde de 1,5 m, lot de 3
Floragard terreau reptiles bentonite, 2 sacs de 20 litres
Questions fréquentes
Quelle température pour hiberner une tortue terrestre ?
Notre table de référence indique un repère stable de 4 à 6 °C pour l’hibernation de la tortue terrestre, contrôlé avec un thermomètre placé dans la boîte ou l’abri, à hauteur de l’animal.
Combien de temps dure le jeûne avant l’hibernation ?
Cette fiche ne fixe pas de durée chiffrée : l’alimentation s’arrête progressivement sur plusieurs semaines, jusqu’à ce que le tube digestif soit vide, avec un contrôle régulier du poids avant la mise au froid.
Faut-il peser la tortue pendant l’hibernation ?
Oui, un contrôle régulier du poids sur une balance adaptée permet de repérer une perte anormale pendant l’hibernation. Une perte marquée doit conduire à sortir l’animal du froid et à consulter un vétérinaire compétent en nouveaux animaux de compagnie.
Comment savoir si la tortue s’est bien réveillée ?
Une tortue bien réveillée retrouve de l’activité, boit puis s’intéresse à la nourriture une fois la température ambiante remontée. L’absence de reprise d’activité ou d’appétit dans les jours suivants justifie l’avis d’un vétérinaire compétent en nouveaux animaux de compagnie.

